EDITO

Par Nathalie Griesbeck
Député européen Grand Est
Membre de la Commission des Budgets

Dans le contexte de crise politique majeure que nous connaissons en France, face à l'incapacité de nos dirigeants français actuels à moderniser notre société et notre économie, l'Europe doit apparaître comme une alternative. Plus que jamais nous avons besoin d'Europe. Plus que jamais l'Europe doit permettre d'impulser les réformes dont nous avons besoin.

Pour autant, afin de mener à bien les objectifs que l'Union européenne s'est donnée pour devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive au monde, l'Europe a besoin de consacrer d'importants moyens budgétaires aux politiques structurelles, de cohésion, ainsi qu'aux politiques en faveur de l'innovation, de la recherche et des PME. L'Europe peut et doit encore être davantage à l'écoute des citoyens et rayonner à travers le monde. Si les propositions de Perspectives Financières 2007-2013 que le Parlement européen avait présentées en juin 2005 permettaient cette politique, force avait été de constater le manque d'ambition des Etats membres repliés sur leurs égoïsmes nationaux lors du Conseil des 15 et 16 décembre 2005.

Après de longues négociations avec le Conseil, le Parlement européen réuni à Strasbourg le 17 mai dernier a pris acte des avancées concédées par les Etats membres. Nous avons obtenu 4 milliards d'euros supplémentaires en faveur des politiques de compétitivité pour la croissance et l'emploi, la coopération territoriale, ainsi qu'en faveur des programmes pour la citoyenneté et la politique étrangère. Nous avons également obtenu une augmentation de 2,5 milliards des fonds propres de la Banque Européenne d'Investissement afin de renforcer son activité en faveur de la recherche et du développement, des Réseaux Transeuropéens de Transport et des PME.

Cependant, si le compromis budgétaire est acceptable dans sa forme parce qu'il est conforme aux choix politiques du Conseil, il n'est que le reflet d'ambitions tièdes des Etats. La mort dans l'âme, la délégation de l'UDF a accepté le compromis avec le Conseil, car nous voulons que l'Europe continue de progresser. Quand le sentier est étroit et escarpé, mieux vaut avancer à petits pas que de ne pas avancer du tout. Nous attendons désormais avec beaucoup de détermination le rendez-vous de 2009 qui nous permettra de renégocier une véritable politique volontariste avec des équipes gouvernementales renouvelées ayant un désir d'Europe chevillée au corps.